Documentaliste juridique

Violette V

Après plusieurs expériences dans différents secteurs, Violette V travaille dans un gros cabinet d'avocats parisien
Etre documentaliste juridique, est-ce différent d’être documentaliste de manière plus générale ?
Il y a une base commune au métier de documentaliste, quelle que soit la spécialisation. Bien sûr, dans le cas de la documentation juridique, la matière n’est pas évidente à appréhender. L’usager est exigeant bien que cela varie selon les endroits. Les activités traitées au centre de documentation sont variées et représentatives du métier de documentaliste. Elles concernent  la gestion de la bibliothèque et la gestion des abonnements,  la veille quotidienne et les demandes de recherche des usagers .C'est la matière du fonds traité, la matière juridique, qui fait la différence avec un autre type de documentation.Aujourd'hui de plus en plus de projet de mutualisation des connaissances (Knowledge Management) émergent dans les cabinets d'avocats. Ils visent à réutiliser les savoirs des uns et dse autres et à harmoniser les pratiques. Le service documentation participe souvent à ces projets sans en être le chef de projet.

Les qualités du documentaliste juridique


Quelles sont, selon vous, les qualités et compétences requises pour effectuer ce métier ?
Etre rigoureux, curieux, pédagogue, méthodique, humble
Etre à l’aise avec l’informatique
Avoir le sens de l’organisation et du bon sens
Aimer les gens, aimer le contact
Etre humble
Savoir  « ce qu’est un livre » et synthétiser


 

Evolutions du métier


Quelles sont les évolutions les plus flagrantes que vous avez pu remarquer depuis vos débuts dans la profession ?
La généralisation de l’usage d’internet et surtout l’arrivée de Google, et son moteur de recherche, sont sans doute les évolutions majeures ayant affectées le métier. La banalisation de Google dans la recherche a affecté la profession. Depuis, les usagers se pensent capables de tout trouver, ils ne voient pas forcément la nécessité d’avoir un documentaliste à leur service, ce qui peut être préjudiciable pour notre métier.
Votre vision de la profession a-t-elle évoluée depuis vos débuts ?
Forcément, notamment par rapport aux usagers. Au début, je n’avais pas conscience de la difficulté que pouvait représenter la transmission des informations. J’avais la vision naïve de la personne qui vient chercher son information et repart satisfait. Avec l’expérience, je me rends compte que celui-ci n’a pas forcément envie d’écouter, ne comprend pas de la même façon. Le côté réceptif des usagers est difficilement appréhendable.
Selon vous, quelles sont les prochaines grandes évolutions possibles par rapport aux nouvelles technologies ?
Pour le domaine juridique, la prochaine évolution passera par l’Open data. De plus en plus de données publiques sont regroupées et mutualisées au sein des bases de données privées, ce qui en facilite l’accès et représente donc un gain de temps pour nous. Voilà une évolution que je trouve intéressante.