Knowledge manager

Le Knowledge Management peut être exercé comme un métier à part entière ou comme une des fonctions du gestionnaire de l’information. Issu de la culture anglo-saxonne, il prend de plus de plus d’ampleur dans les entreprises françaises.
 

Appellations

 
Responsable ingénierie des connaissances, responsable knowledge management, knowledge worker, knowledge manager, gestionnaire des connaissances
 
 

Missions et activités

 
Missions
  • Capitaliser, valoriser, partager et renouveler les savoirs et savoir-faire comme une ressource de l’entreprise.
  • C’est une des fonctions de soutien stratégique de l’entreprise. Elle contribue à développer la productivité, la qualité et l’innovation.
Activités
 
Mettre en oeuvre un projet de gestion des connaissances
  • Recenser, identifier les connaissances et processus de l’entreprise
  • Evaluer  les besoins et conseiller pour le choix des outils et leur paramétrage
  • Conseiller sur la gestion de projet
  • Evaluer le dispositif, définir des indicateurs de qualité et rendre compte aux décideurs
Animer des processus de capitalisation et de mutualisation des connaissances
  • Créer et animer des réseaux de contributeurs et des communautés de pratiques
  • Former des contributeurs
  • Identifier des experts et des compétences
  • Intégrer la démarche KM dans les processus métiers
Gérer des contenus et des connaissances
  • Capitaliser, traiter, analyser, modéliser et archiver les connaissances (savoir-faire ; expériences ; expertise)
  • Concevoir des procédures, des guides, des modèles et des référentiels pour capitaliser les expertises de l’entreprise : entretiens, livres de connaissance…
Surveiller les évolutions des outils et des méthodes de KM
  • Veille technologique
  • Suivi des bonnes pratiques dans son secteur d’activité
 

Savoir être et savoir faire

 
Savoir être
  • Ouverture d’esprit, empathie, faculté d’écoute, goût du travail en équipe, art de la négociation et du consensus (être médiateur entre les services et les individus et les faire collaborer)
  • Faculté d’expression et de persuasion face aux réticences
  • Sens de l’anticipation, adaptabilité et réactivité
  • Sens pédagogique
Savoir faire
  • Savoir conduire un projet
  • Avoir la faculté d’analyser et de synthétiser
  • Être capable de corréler des informations disparates et de natures diverses
  • Communiquer par écrit, par l’image et par le son
  • Utiliser les outils informatiques de modélisation, de gestion et de partage de l’information (plateformes collaboratives, réseaux sociaux, wikis, blogs…)
 

Un métier qui s'exerce dans des environnements de travail divers...

  • Directions stratégiques et opérationnelles de l’entreprise ou de l’institution
  • Cabinets conseils ou juridiques
  • Organismes scientifiques et techniques
  • DSI
 

...et qui amène à de la mobilité professionnelle

 
Il est rare de rester KM toute sa carrière, selon la formation initiale il est possible d’évoluer vers d’autres métiers de l’Information, tels que la gestion de projet, le conseil, les Systèmes d’Information, les Ressources Humaines…
 
 

Évolutions du métier

 
Cette démarche qui existe depuis de nombreuses années dans l’industrie s’est développée dans tous les secteurs du fait de la mondialisation, du changement de l’économie et de l’organisation, la volonté de mieux gérer les savoirs propres à l’entreprise. L’objectif est de contribuer à la création de valeur par la capitalisation et le partage des connaissances.
 
 

Niveaux de qualification et rémunération

 
Niveaux de qualification

La majorité des KM possèdent un diplôme Bac + 5, de préférence en KM, en recherche documentaire ou en sciences humaines.
 
 
Rémunération
 
Selon le secteur d’activité et la taille de l’entreprise, on trouve deux fourchettes de salaire :
  • Des KM qui travaillent sur le plan des outils : salaire d’un chef de projet informatique variable entre 26 k€ et 80 k€
  • Des KM qui travaillent sur le plan stratégique : salaire variable entre 50 et 200 k€
 

Sources

Pour aller plus loin...

 
Articles

"Privilégier l'information sur la technologie" par Thomas Davenport in "Compétences, l'art du management de l'information" ; Les Echos du 19/02/08.
 
"Documentation et pratique du droit : KML, PSL, KM : vous connaissez?" par B. Baudot et JM. Elsholz (Cabinet Shearman & Sterling LLP), in BIBdoc de Juin 2007 ; n°2007-02.
 
"Réussir le management de la connaissance" par M. Gonzague Chastenet de Géry (directeur au sein d'Ernst & Young Conseil, intervenant à l'EBD), in "Compétences, l'art du management de l'information"; Les Echos ; 2002.
 
 
Ouvrages
 
"Le manuel du Knowledge Management : une approche de la 2ème génération" de Jean-Yves Prax, Dunod, Stratégie Management, 2003.
 
"Outils du KM: Panorama, choix et mise en oeuvre" de Gilles Balmisse, 2nde édition actualisée, avril 2006. Livre blanc gratuit publié par KnowledgeConsult et téléchargeable sur leur site.
 
 
Blogs et Portails
Blog réalisé par Geoffroi Garon, consultant canadien stratège en communication organisationnelle. Il propose une base de connaissances sur les communautés de pratiques et revient sur l'actualité de certains sujets relatifs au knowledge management (e-learning, gestion de connaissances, communication organisationnelle, travail collaboratif,...)
 
Blog réalisé par Gilles Balmisse, fondateur et directeur associé du cabinet de conseil KnowledgeConsult, signalant tous les évènements liés au KM. Il propose également sur ce sujet des sélections d'ouvrages, de sites et de blogs francophones ou anglophones.
 
Portail de la première communauté interactive francophone des acteurs du KM.
 
Portail internet communautaire dédié aux problématiques du management des compétences et des connaissances. Les rubriques intéressantes : offres d'emploi, actualités, articles, FAQ, base de liens,...
 
 

Témoignages

 

Eric Juin, Directeur Knowledge Management, Bouygues Construction

 
1. En quoi vos responsabilités et vos activités ont-elles évoluées depuis 5 ans ?
Il y a 5 ans, nous n’avions quasiment pas d’activité spécifique de KM. Depuis la Direction Générale a décidé de lancer un grand projet transverse de « Partage des Connaissances » que j’ai la chance d’animer. Nous sommes donc partis d’une feuille blanche pour dessiner une « feuille de route » permettant en quelques années d’instiller une culture de partage. Cette feuille de route à deux grands volets : conduite du changement auprès des collaborateurs de l’entreprise / création d’une infrastructure de partage des connaissance. Nous menons chaque année un seul grand projet majeur :
  • 2005-2006 – focus sur les communautés de pratique et les réseaux transverse, appuyé par la mise en place d’un annuaire unique d’entreprise.
  • 2006-2007 – lancement d’une dynamique du questionnement (je cherche qui a la réponse à ma question, plutôt que réinventer la roue), mise en œuvre d’un moteur de recherche global
  • 2007-2008 – focus sur le partage d’information écrites (passer de l’oral à l’écrit, favoriser l’intégration des nouveaux collaborateurs, créer un culture « online »), mis en œuvre d’un outil de travail collaboratif et de partage d’expériences pour remplacer les intranets existants
2. Quelles sont les compétences et les qualités qui vous paraissent les plus importantes pour l'exercice de votre métier ?
 
Au fil du temps, je me rend compte que la principale qualité à développer est l’écoute. Pour partager ses connaissances, il faut d’abord être à l’écoute. Pour mettre en place des démarches de partage et de capitalisation d’expérience, il faut entendre ce que disent les utilisateurs. Rien de plus dangereux qu’un projet « Top-down » imposé par l’informatique ou le centre de documentation. En revanche il faut savoir stimuler les expérimentations locales et petit à petit les transformer projets globaux.
Il faut également bien comprendre ce que peut apporter les technologies de l’information et de la communication sans en devenir esclave et en sachant rester un généraliste. Ne pas oublier que toutes les générations se côtoient et doivent travailler ensemble dans l’entreprise : un vieil ingénieur aura peut-être du mal à partager ses idées avec un wiki, tandis qu’un jeune ne comprendra pas qu’on lui demande un rapport papier détaillé.
Je dirais en résumé que le bon knowledge manager est un médiateur, un intermédiaire précieux, un facilitateur. Il n’est généralement pas Giver ni Taker et ne peut prétendre tout savoir.
 
 
 
Pour lire le témoignage d'un autre Knowledge manager : Richard Collin, Directeur associé de Nextmodernity et Professeur à l'EMSI - Ecole de Management à Grenoble