Témoignages de Documentalistes audiovisuel


Claire Lissalde, INSERM, enseignante à l'EBD

Je suis responsable du pôle images (photos et vidéos) de l'Inserm (Institut national de la recherche médicale et de la santé).

Depuis 5 ans, les demandes iconographiques sont toujours nombreuses mais les utilisateurs souhaitent chercher, trouver et télécharger les images eux mêmes. Il nous faut donc toujours être à la pointe technologique pour offrir les images en ligne de façon toujours plus ergonomiques. Je peux aussi remarquer que les droits liés à l'images sont plus souvent évoqués et là aussi je dois rappeler à mes collègues et aux utilisateurs les règles à respecter. Arrive aussi une surabondance d'images qu'il nous faut trier et valoriser sérieusement pour proposer la qualité et non seulement la quantité. Il nous faut donc de plus en plus "éditer" le contenu, le mettre en valeur. Autre remarque : l'image animée prend une place croissante et de plus en plus d'outils prennent en compte l'image fixe et animée, le metier doit donc suivre et connaître les formats et leurs usages.

Les compétences nécessaires sont la méthode, la rigueur, le goût de l'image et du contact.

 
Cécile de Varenne, Roger-Viollet (EBD, promo 2007)

Je n'ai qu'un an et demi d'ancienneté dans la profession (et un an et demi d'expérience professionnelle…). Je dirais toutefois que les principales évolutions, pour le secteur d'activité, sont les suivantes :
- Passage au numérique : mise à disposition de fichiers numériques, mise en place de bases de données et d'interfaces Web de diffusion d'images ;
- Problématique de la diffusion des images : exigences économiques liées à l'augmentation en masse des images accessibles (Internet surtout) ;
- Problématique de la gestion des droits des images : plus la diffusion des images est large, plus il est important de connaître parfaitement le droit lié à l'image.
Et en ce qui concerne plus particulièrement mon poste : je suis arrivée chez Roger-Viollet (aujourd'hui Parisienne de photographie) pour de l'indexation pure. Aujourd'hui, je continue à assurer l'indexation au quotidien des différents fonds que l'on diffuse, et je travaille en collaboration avec le service technique / informatique à l'amélioration des outils : évolution de la grille d'indexation, travails sur les moteurs de recherches, imports et exports de données vers des bases extérieures, etc.

Les compétences requises sont :
• Curiosité, intérêt et culture générale :
o Intérêt et curiosité pour tout ce qui se rapporte à la photo évidemment : actualité photographique, actualité des agences et autres banques d'images ;
o Curiosité et connaissance du fonds iconographique sur lequel je travaille au quotidien ;
o Goût de la recherche iconographique.
• Rigueur et capacités d'organisation et de classement.
• Connaissances techniques
o en photo : argentique et numérique, connaissances des différents formats d'image.
o plus généralement : connaissances en informatique, en bases de données.
 
Un iconographe dans l’édition

Je travaille chez un éditeur scolaire, au service documentation, en tant que documentaliste.

Concernant l’évolution de notre métier - je ne parlerais pas vraiment d’évolution - l’arrivée du numérique a modifié notre profession et ce pour plusieurs raisons :
- Nous ne nous déplaçons plus en agences pour chercher les images, mais faisons nos recherches sur les sites d’agences (plus rapide mais moins de contact humain) ;
- Nous avons à faire à des problèmes de droits à l’image de plus en plus complexes, surtout avec les projets de livres en ligne.
- À tout niveau de la chaîne éditoriale (auteurs, éditeurs, maquettistes) nous recherchons des images sur Internet, exigeant ensuite l’image trouvée. Ce sont des démarches assez lourdes, il faut trouver la bonne personne à contacter, négocier les droits, régler des factures etc...
- Si nous gagnons du temps, en n’ayant plus d’ektas à retourner après la parution des livres, nous perdons beaucoup de temps en démarches administratives, et techniques : nous sommes en effet censées aller plus vite grâce à internet.
- L’arrivée d’agences “bon marché” (du type Fololia), n’est pas toujours une aubaine, car nous risquons d’être confronté à des problèmes de légendes, (souvent succintes), voire de crédits et de qualité d’image.
- Il y a de plus les portails d’agences et ce qu’on appelle les créatives commons, (chaque image peut-être un cas particulier : problème de diffusion sur le territoire français, problème de qualité, de légende, de garantie juridique, d’éthique).
Ces nouvelles agences, groupe d’agences, entraînent évidemment la disparition des petites agences spécialisées et appauvrit le choix des images pour les iconographes. La numérisation des documents a déjà fait disparaître des pans entiers de collections...

À cela s’ajoute un problème de crédibilité (de la part des auteurs, éditeurs etc...) qui ont du mal à comprendre pourquoi une photo visible sur internet ne peut pas forcément être reproduite dans nos manuels, ou pourquoi personne ne répond à nos demandes etc...

Les compétences qui me paraissent importantes sont la patience, la rigueur, l’esprit de curiosité, une bonne culture générale et de la ténacité.
Il faut savoir chercher sur internet et repérer les sources officielles, connaître les agences photographiques et leurs spécificités.

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