
Un Knowledge manager parle de son métier
Richard Collin
Directeur associé de Nextmodernity et Professeur à EMSI - Ecole de Management à GrenobleComment un documentaliste bibliothécaire peut-il passer d'un monde de la conservation à un monde de la conversation ?
Aujourd'hui, le rapport à l'information a complètement changé, nous sommes dans un monde qui connaît la fin de la tyrannie de l'écrit. Par là même, nous sommes débordés par l'information mais c'est précisément dans ce chaos que les informations trouvent une pertinence.
L'entreprise n'est pas un environnement conceptuel, mais un modèle en pleine évolution. Face à ce monde conversation, il faut entrer dans une logique métier et avoir une attitude d'anthropologue. Il s'agit de comprendre que la connaissance ne se gère pas (la connaissance d'une personne ne se cantonne pas, ne peut se réduire à un exercice de synthèse). La connaissance c'est ce qui peut résoudre un problème dans l'entreprise, chaque individu de l'entreprise tend vers la connaissance, constitue la connaissance de l'entreprise. Une nouvelle forme d'écriture se dessine ainsi.
Travailler dans le KM suppose d'avoir une attitude de connaissance face au monde professionnel autrement dit il est important de comprendre que nous sommes tous manager du savoir.
Afin d'apppréhender correctement l'entreprise comme un monde-conversation, le documentaliste doit avoir une vraie posture collaborative, c'est à dire qu'il doit être lui-même un entrepreneur de compétences. Il doit pour cela maîtriser parfaitement les dernières technologies, en ayant conscience des nouvelles évolutions (fin de la taxonomie, développement de la visualisation avec la grammaire visuelle notamment) et être en mesure d'écrire en mêlant le son, le texte et l'image (3 aptitudes d'écriture différentes)

